Protéger ses données : comprendre le chiffrement sans jargon
Qu’est-ce que le “cryptage” des données ?
Commençons par une petite mise au point — avec le sourire ! Le terme « cryptage » est très largement utilisé dans le langage courant… mais il est techniquement incorrect. Le bon terme est chiffrement des données.
Dans les faits, quand on parle de “cryptage”, on désigne le fait de rendre des données illisibles sans une clé spécifique. C’est exactement ce que fait le chiffrement : transformer une information lisible en une information incompréhensible pour toute personne qui ne détient pas la clé pour les déchiffrer. Chez INQUEST, on accepte volontiers l’usage du mot “cryptage” pour se comprendre, mais on prend aussi le temps d’expliquer les bons termes ; parce qu’utiliser les bons éléments de langage, permet d’être alignés sur les risques réels.
Pourquoi les entreprises chiffrent leurs données
Le chiffrement est aujourd’hui un mécanisme de protection fondamental pour les organisations. Il permet notamment de :
- protéger les données sensibles (clients, finances, R&D),
- sécuriser les postes de travail et serveurs,
- limiter l’impact d’un vol de matériel ou d’une intrusion,
- répondre à des obligations réglementaires.
En clair, le chiffrement est une ceinture de sécurité numérique : il ne supprime pas le risque, mais il en réduit fortement les conséquences.

“Cryptage” légitime vs malveillant
Le chiffrement légitime protège les données. La version malveillante, largement utilisée par les cybercriminels, bloque l’accès aux données, et généralement accompagné d’une demande de rançon. La technique est similaire, l’intention est radicalement différente.
C’est ici que la confusion devient problématique.
Chiffrement légitime
- mis en place volontairement par l’entreprise,
- les clés sont maîtrisées,
- objectif : protéger les données.
“Cryptage” malveillant (ransomware)
- imposé par un attaquant,
- les clés sont détenues par le cybercriminel,
- objectif : bloquer l’activité et extorquer une rançon.
La technique est proche, mais le rapport de contrôle est inversé. Et c’est précisément ce basculement qui transforme un outil de sécurité en arme.
Exemples concrets
Quelques situations très parlantes :
- un ordinateur portable chiffré volé dans un train → les données restent protégées,
- une base de données chiffrée par l’entreprise → accès sécurisé,
- un serveur “crypté” par un ransomware → activité à l’arrêt, données prises en otage.
Dans les trois cas, on parle de chiffrement… mais les enjeux sont radicalement différents. Ces situations montrent que le “cryptage” peut être un allié… ou une arme.
Avantages et limites
Avantages :
- protection renforcée,
- réduction des risques de fuite.
Limites :
- dépendance aux clés,
- complexité de gestion,
- faux sentiment de sécurité s’il est mal maîtrisé.
Le chiffrement ne remplace pas une stratégie globale.
Le regard d’INQUEST
Peu importe le terme utilisé, ce qui compte chez INQUEST, c’est l’objectif et les enjeux derrière ce terme. Il est un excellent outil de sécurité tant que :
- il est compris,
- il est maîtrisé,
- et il s’inscrit dans une approche globale de gestion du risque cyber.
En revanche, il devient une arme redoutable quand il est utilisé par les mauvaises personnes contre notre gré. Et lorsqu’un client nous appelle en nous disant « mes données sont cryptées », c’est potentiellement le début d’une crise réelle.